Mon portrait par Sud Ouest

26 mai, 2012 1 commentaire »
Mon portrait par Sud Ouest

Par Marie-Claude Aristégui, sur le site de Sud Ouest

Sally Chadjaa, 34 ans, est candidate investie par l’UMP, dans la circonscription La Rochelle-Ré.

Mère française, père algérien. D’où son nom, Chadjaa. Sally est très fière de le porter : « Cela veut dire courage. »

Du courage, la candidate UMP aux élections législatives (La Rochelle-Ré) pour la première fois en a besoin. Comme Ségolène Royal, elle vise le siège le plus disputé, celui laissé vacant par le maire de La Rochelle.

Les lièvres et la tortue

Dominique Bussereau, président UMP du Conseil général et candidat aux législatives (député sortant), est venu animer un « café politique » avec Sally Chadjaa, hier à La Rochelle. Via Twitter en particulier, Dominique Bussereau ne ménage pas – c’est un euphémisme – Ségolène Royal.

Par exemple, jeudi encore, en apprenant la venue à La Rochelle du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devant tenir meeting avec la candidate Royal, Dominique Bussereau a tweeté : « Panique à La Rochelle : le Premier ministre dont je sais ce qu’il pense viendrait soutenir la candidate en difficulté ».

Souvent, il dit comprendre le combat d’Olivier Falorni. Il l’a répété à La Rochelle, hier.

Mais il a aussi apporté un soutien très affiché à Sally Chadjaa, précisant que la candidature de François Drageon (PR) pourrait éventuellement être intéressante « pour les municipales ». « Je lui ai dit que pour les législatives, Sally était déjà partie et qu’il était hors de question de changer. »

« Des jeunes comme elle peuvent convaincre en forçant le destin », estime Dominique Bussereau. Et, faisant référence au « Lièvre et la tortue » de La Fontaine, il ajoute : « Que courent les lièvres et gagne la tortue. »

Une ville qu’elle connaît bien. Elle a grandi à Mireuil, puis à Puilboreau. Père ouvrier (il travaille toujours chez Rhodia). Mère à la maison. Cinq enfants, un travail à temps plein. « Elle était aussi très manuelle, elle faisait de la peinture, de la tapisserie, c’était le Mac Gyver de la maison. »

Enfance très modeste : « Nous ne partions jamais en vacances, donc on nous emmenait à L’Houmeau, à Aytré, je connais bien toutes ces plages. Et je ne suis allée à l’île de Ré que lorsque le pont a été construit. Mais j’ai eu une enfance très heureuse. »

Chez les Chadjaa, la politique n’était pas un sujet de conversation. Et ce n’est qu’en fac de droit que Sally a commencé à s’y intéresser. Sans du tout envisager de briguer un jour un mandat. Procureure, elle voulait être.

Sans piston, sans relations

« J’ai fait du droit pour cette raison. Mais quand on est issu d’un milieu comme le mien, ce genre de carrière est difficile à envisager. Avec le dispositif Erasmus, j’ai passé une année en Espagne et, après mon master, je voulais travailler à la Commission européenne. Mais, encore une fois, sans piston, sans relations, je n’ai pas pu trouver de stage. C’est d’ailleurs pour ça que mon cheval de bataille, c’est l’égalité des chances. On peut s’en sortir quand on vit dans des milieux modestes, mais il faut avoir beaucoup de volonté et de persévérance. Je comprends les filles de ma génération qui sont restées caissières. Moi-même, d’ailleurs, j’ai travaillé chez Sitel. Je n’ai aucun mépris pour ces emplois mais le problème c’est que certains les occupent alors qu’ils ont fait des études pour réaliser d’autres envies. Mais quand on a une vie de famille, on n’a pas toujours le choix, on finit par accepter, le provisoire devient définitif. »

« Travail, mérite »

Sally Chadjaa ne s’est jamais résignée. Elle a travaillé comme déléguée à la tutelle pour l’Udaf et à l’ADEI (1), puis, en 2004, elle devient attachée parlementaire du député Jean-Marie Morisset, un UDF devenu UMP (Deux-Sèvres, il ne se représente pas cette année). « À l’époque, je n’adhérais à aucun parti et il ne s’en est jamais soucié. C’est mon modèle en politique. Il est proche des gens, je veux être comme lui et jouer le rôle d’ascenseur social. »

En 2002, elle vote Jacques Chirac. Sally Chadjaa pense à droite : « Pour les valeurs républicaines que je défends, le travail, le mérite. » Jean-Marie Morisset lui a donné le goût de la politique, Nicolas Sarkozy celui du militantisme.

« J’ai adhéré à l’UMP en 2007. Pour Nicolas Sarkozy, en effet. Et je suis allée l’écouter à Versailles, j’étais enthousiasmée et je me suis reconnue également dans le discours de Rama Yade. »

Le plus beau mandat

En 2008, elle figure sur la liste de Dominique Morvant pour les élections municipales. Et elle est candidate aux cantonales, à Mireuil-Laleu : « Je ne voulais pas que la droite abandonne ces quartiers et j’ai fait 9,6 %, mieux que le PC ! » En 2010, elle est élue conseillère régionale sur la liste de Dominique Bussereau.

Cela fait des mois que Sally Chadjaa, dont la notoriété était très faible, bat la campagne, dans une terre de mission pour la droite qui, de surcroît, part en ordre dispersé.

Député, c’est le mandat dont elle rêve. « C’est le plus beau pour moi. Et si je suis élue, je m’engage à ne faire que ça. Faire des propositions de loi, en cosigner, les défendre, convaincre, tout cela me passionne. Et puis localement, un député peut agir pour aider les gens, régler leurs problèmes avec l’administration, etc. »

(1) Udaf : union départementale des associations familiales. ADEI : association départementale pour l’éducation et l’insertion.

elle aime, elle n’aime pas

Quel est votre style de musique préféré ?
En tant que danseuse, la salsa. À écouter, la soul.

Qu’avez-vous lu récemment ?
« Une Chose étrange à la fin que le monde », de Jean d’Ormesson. Et « La Maison aux esprits », d’Isabelle Allende.

Quels sont vos auteurs préférés ?
Je lis beaucoup de romans policiers, en particulier Mary Higgins Clark.

Chez les Poètes ?
Baudelaire, « Les Fleurs du mal » et Prévert, j’ai beaucoup aimé « Paroles ».

Quels sont vos cinéastes préférés ?
Brian de Palma car il fait jouer des acteurs que j’adore, dont Al Pacino, et Scorcese qui fait tourner Robert de Niro.

Quel est votre plat préféré ?
Le tajin d’agneau. Mais je déteste le mouton.

Quel est votre défaut majeur ?
L’impatience.

La Qualité ?
La sincérité.

Le défaut détesté chez les autres ?
L’hypocrisie.

La qualité ?
L’honnêteté.

Le mot détesté ?
Intolérance.

Le mot préféré ?
Respect.

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Un Commentaire

  1. chadjaa mohamed 3 juin 2012 at 13 h 36 min - Reply

    bon courage sally et bonne chance salutations atoute votre famille

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